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ÉDITION N°33 - Mercredi 19 Septembre 2018
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De Fanny Diercksen à Phanee de Pool

Fanny Diercksen a passé de la petite peste énergique à Phanee de Pool, plus mûre et plus réfléchie, mais toujours rebelle. (Photos ldd)

Tavannes

Concentré d’énergie, sourire charmeur et prestance décontractée, Fanny Diercksen est une belle égérie pétrie de talents. Elle avait tout pour gravir les échelons de la gloire. Voix suave ou puissante, aussi bien dans les aigus que dans les graves, à l’aise dans tous les styles de musique ou toutes les formes d’interprétation, il ne lui a peut-être manqué qu’un mentor aguerri qui croie en elle pour qu’on ne la retrouve au sommet des hit-parades ou sur de grandes scènes. Mais son côté rebelle et son caractère entier a fait qu’elle bifurque vers une autre voie, celle de la police. Elle entame actuellement un retour vers le chant et la composition.

Depuis sa plus tendre enfance, Fanny a baigné dans le monde du spectacle. Sa maman, Frédérique Santal, concertiste et prof de piano, créatrice de marionnettes et animatrice de radio, ainsi que son papa Laurent, passionné de jazz est homme de médias lui aussi. Il a bossé à la RTS, à Option musique. Ensemble, ils sont en quelque sorte les pionniers de la radio RJB, où ils se sont d’ailleurs rencontrés. Mais l’homme est surtout connu pour avoir fait revivre la mémoire du clown Grock en organisant notamment de nombreux galas et festivals. Et c’est dans ce cadre-là que la petite Fanny se frotte au public avec des sketchs comiques ou de présentatrice qui pète le feu, avec une énergie débordante. Elle ne savait alors pas que la musique allait prendre une telle place dans sa vie.

Tout pour la musique


Ses classes effectuées à Bévilard et Malleray, Fanny enchaîne avec une école de commerce à St-Imier et suit les cours de l’École de jazz de Lausanne, section guitare. Elle touche aussi un peu à tout : piano, clarinette, saxophone, contrebasse ou batterie. Elle travaille aussi pour radio Fribourg ou TeleBielingue et prête sa voix pour des pubs tv ou radios. Puis vient le jour où à un festival Grock elle rencontre Jean-Marc Richard qui lui propose de chanter pour la RSR dans un spectacle au Royal de Tavannes. Encore toute timide, du haut de ses 15 ans, elle relève le défi et compose deux chansons. Gros succès !
Elle continue alors de jouer avec des potes pour le plaisir et un jour le patron d’un bar de Bienne lui propose d’animer ses soirées. Peu de monde au début, puis toujours plus, et elle est très fière de ses premiers cachets en tant que musicienne.

La télé


Lors d’un voyage à Lyon avec sa maman et ses marionnettes, Fanny découvre une affiche pour un casting de l’émission de M6, Nouvelle star. Elle fait la queue, se présente, est sélectionnée et le lendemain elle passe devant les trois jurés. Ce sera alors une belle aventure. Elle interprète la Javanaise de Gainsbourg, du Quenn ou du Seven Nation Army. Elle finit par faire près de six passages à la télé et figure parmi les 25 derniers sectionnés sur plus de 25’000 candidats. Mais ce n’est pas l’image qu’elle aimerait donner d’elle. Elle profite de la notoriété de l’émission et des portes s’ouvrent dans différents pays, France, Suisse, Belgique. Elle tourne avec des musiciens professionnels dans un groupe intitulé le Fanny Diercksen Trio, et fait environ 150 scènes. Elle fera aussi un passage remarqué avec sa guitare au festival de la Francophonie à St-Pétersbourg en Russie. Mais elle n’avait que peu de revenus fixes et Fanny décide en 2010 de s’inscrire à l’école de police. Devenue «fliquette», elle privilégie son métier et refuse nombre d’offres et de propositions. Elle avoue que c’est à cause de son côté rebelle qu’elle est passée à côté de belles opportunités ; suivent alors six ans de silence musical. Au niveau de la police, elle est intégrée à la brigade territoriale, comme agente générale. Confrontée à des situations particulières, elle avoue avoir beaucoup mûri et grandi dans le cadre de sa profession.

Phanee de Pool


Mais quand on a la musique et la composition dans le sang avec une bonne circulation, le retour aux sources devient évident. Alors, aujourd’hui, à 28 ans, elle se remet au boulot. Fanny veut quitter son patronyme pour trouver un nom qui sorte de l’ordinaire, qui sonne un peu anglais. Ce sera Phanee de Pool, une idée farfelue qui lui est venue et qui associe son prénom à un jeu de mots (nid de poule). Ensuite, c’est devant sa télé en revoyant pour la Xème fois les tours jumelles de New York qui s’écroulent qu’elle prend conscience de la bêtise humaine, qu’elle relativise et qu’elle réagit. Elle éteint le poste, prend sa «gratte», et recommence à écrire. Elle pond rapidement un titre, «Luis Mariano». Avec son ordi et des moyens simples, sept heures après, sa chanson est enregistrée et publiée sur un logiciel gratuit. 24 heures plus tard, 1’500 personnes l’ont déjà écoutée. Suivent alors d’autres compositions, «Je suis» (qui est diffusé sur la RTS), «Des miettes sur le canapé», et d’autres titres en préparation. «Tu te rends compte, nous glisse-t-elle, mon titre qui passe entre Elton John et Linda Lemay…». La machine est donc relancée et ne demande qu’à s’emballer. A suivre, un clip sur «Luis Mariano», et sa participation à la prochaine Médaille d’or de la chanson de Saignelégier.
Fanny est une vraie autodidacte qui prétend ne pas être une chanteuse à voix, qu’elle a pourtant magnifique, mais une chanteuse à texte. Elle avoue aussi un style acoustique-électro, un peu moins jazzy qu’avant, entre slam et rap, un genre de slap, rigole-t-elle ! Et l’avenir ? Sortir un CD et un vinyle, et retourner à la scène, peut-être seule ou en groupe. Allez, surprends nous encore Fanny-Phanee, il a de la place pour ton talent !

Claude Gigandet