Portraits, Sports

Ils placent habilement leurs billes!

Edition N°44 - 5 décembre 2018

Yves Rubin, membre du club de billard Orval, en pleine concentration. (photo cg)

Un nouveau local a été inauguré par le club de billard français de l’Orval, un sport assez méconnu dans la région, mais dont nombre de films y font honneur. Qui n’a pas vu un acteur frotter sa craie sur la surface de cuir du bout de sa queue et se concentrer avant d’essayer de toucher les deux autres billes? C’est ce scénario qui prévaut chez la dizaine de joueurs de la rue des Eaux à Tavannes, dans l’ambiance feutrée du nouvel écrin de l’association, qui comporte trois tables. Le club a été créé en 1960.

Le billard français ou billard carambole se joue avec trois billes, deux blanches et une rouge, pas comme son cousin américain, qui en compte seize, et sur une surface sans trous. Le concept général est de percuter avec sa bille les deux autres, avec ou sans rebond avec les bandes, pour que le point soit validé. Il se pratique à deux joueurs. Et notez qu’on dit billes et non pas boules. Il peut aussi se jouer à trois bandes; c’est-à-dire que la bille du joueur doit rebondir sur au moins trois bandes avant de toucher la dernière bille pour que le point soit validé. Compliqué? Pas tant que ça. Le club de l’Orval propose au public de s’y initier ce samedi 8 décembre, de 10h à 18h.

Le club

Le club de billard français de l’Orval n’est pas vraiment un nouveau venu sur la scène des sociétés régionales puisqu’il affiche cinquante-huit ans de vie. Basé auparavant à Reconvilier (d’où son nom), il est établi actuellement à Tavannes, à la rue des Eaux, dans une ambiance feutrée propice à la concentration que demande ce sport. S’il ne compte qu’une dizaine de membres, il organise des tournois internes et participe au championnat suisse. Il est le seul club du Jura et Jura bernois. Ce sont bien évidemment des trajets importants qu’il faut effectuer, car on ne compte qu’une vingtaine de clubs au niveau national qui comporte deux ligues: A et B. Les matches se décident à l’avance soit au nombre de point à atteindre, soit au nombre de reprises. Par exemple, en ligue B dans laquelle évolue l’Orval, on peut jouer 80 points en 20 reprises, par exemple. Il faut bien l’admettre, le billard carambole ne bénéficie pas d’un grand retentissement, même s’il existe des pros, mais ses adeptes sont des passionnés, et ce n’est pas le président du club de l’Orval, Loïc Avril, qui nous contredira. Il nous précise encore que ce sport, car c’en est un, pourrait bientôt figurer parmi les disciplines olympiques.

Le matériel

Comme précisé plus haut, le plateau de jeu, d’une grandeur de 220×160 cm pour une table dite «demi-match» ne comporte pas de trous et sa surface, généralement en marbre, est recouverte d’un tapis tendu le plus souvent de couleur verte ou bleue. Trois billes de diamètres identiques (61,5 mm), en général deux blanches et une rouge, ou une blanche, une jaune et une rouge (appelée carambole ou bille neutre), sont faites en résine. La queue, sorte de canne en bois (parfois d’autres matériaux) est droite, légèrement conique, peut être d’un seul tenant, en deux ou trois parties avec une rondelle de cuir collée à son extrémité la plus fine qui entre en contact avec la bille. On l’enduit de craie ou bleu, ce qui permet de ne pas glisser sur la bille ou lui donner un effet de rotation. Chaque joueur se voit attribuer une bille par un tirage en début de partie. En la poussant avec sa «canne» de billard, il doit parvenir à la faire entrer en contact avec les deux autres. Chaque fois que cette condition est remplie, le joueur marque un point et peut continuer à jouer. Quand il échoue, son adversaire prend la main.

Claude Gigandet

Yves Rubin, membre du club de billard Orval, en pleine concentration. (photo cg)