MOUTIER:
Le nouveau départ du CCPM
Par la bouche de la nouvelle programmatrice Jeannine Gretler, la presse a été informée que le Centre culturel met en œuvre une nouvelle vision afin de satisfaire au mieux son fidèle public et bien entendu également de le renouveler. Jeannine Gretler vient de Belgique, mais elle est d’origine alémanique et un peu américaine, autant dire que ses influences sont variées et lui donnent une parfaite vision globale. Flanquée de son assistante Nathalie Poma, de la secrétaire Séverine Kropf et du coprésident Nicolas Steullet, elle a précisé d’abord que le changement de canton n’a pas changé la donne en ce sens que le financement est bien assuré pour le Centre culturel, qui a su prendre les devants.
En revanche, il a fallu prendre note que l’offre culturelle régionale s’est beaucoup renouvelée avec l’arrivée du Théâtre du Jura à Delémont et de Nebia à Bienne. « Le public exigeant y trouve une offre abondante, explique à son tour Nicolas Steullet. Face à cette nouvelle donne, les petits centres doivent se réinventer. »
Le nouveau concept du Centre culturel de la Prévôté vise le public jeune et la catégorie que l’on qualifie de tout public, c’est-à-dire des gens qui veulent découvrir de belles prestations théâtrales, musicales ou visuelles de qualité et accessibles. Quant au fidèle public d’habitués, il continuera assurément de trouver son bonheur.
Une fête d’ouverture de saison aura lieu le 22 janvier à 20 h au Centre culturel de la Prévôté, à la Rue Centrale 57c afin d’ouvrir les feux en musique et en beauté.
A cette occasion, le concert « Double Talk » sera produit par Michel Zbinden au vibraphone et Rolf Perreten à la guitare et à la composition. Le premier nommé place l’improvisation au cœur de sa pratique. Il collabore notamment au Grand Eustache et au Trio Corpus. Quant au second, il est bien connu des Prévôtois non seulement en tant que musicien principalement nourri par le jazz, mais également en tant que facteur (constructeur) de guitares.
Aux murs, l’exposition « La médaille, Monstres en coulisse » ne manquera pas d’attirer le regard avant la visite commentée du lendemain à 19 h.
Pour cette fête inaugurale, l’entrée sera libre et il sera possible de contribuer « au chapeau ». Néanmoins, Jeannine Gretler serait ravie que le public prenne l’habitude de réserver sa place. « Cela simplifie considérablement notre tâche, ne serait-ce que pour installer la salle si le un nombre de chaises est prévisible à l’avance. En outre, s’il s’avère que le local prévu sera trop petit, on pourra chercher un autre endroit. » Reste que l’événement suivant, un grand classique pour le public prévôtois, aura lieu du 30 janvier au 1er février dans l’Aula de Chantemerle. Il s’agira du festival d’improvisation « Les 3 jours de l’inattendu ».
Trois jours, trois spectacles, trois univers et trois niveaux de pratique qui réuniront artistes professionnels et jeunes talents pour le plus grand bonheur de Nicolas Steullet qui s’en fait le porte-parole d’autant plus avisé qu’il s’y implique corps et âme.
Sport de haut vol
La Compagnie Vol de Nuit proposera « Catch Impro » sur un ring plus vrai que nature le vendredi 30 janvier à 20 h. Le lendemain, un tournoi d’impro sera proposé, également à 20 h, par les vingt-quatre élèves de la filière théâtre de Sport Art Etudes Suisse. Enfin le dimanche à 17 h, la conférence improvisée verra deux acteurs, Paul Berrocal et Greg Leresche, commenter en direct un PowerPoint généré par l’IA au fur et à mesure qu’ils le découvriront.
Le 28 février, l’actrice Koso Morina présentera Koso-War, une poignante prestation seule en scène, avant que la saison se poursuive avec nombre de rendez-vous passionnants à découvrir notamment sur Centre Culturel de la Prévôté – Moutier http://www.ccpmoutier.ch. Blaise Droz

TAVANNES – Le Royal
Mélange de styles plus alléchant que jamais !
Le Centre culturel Le Royal à Tavannes vient de dévoiler la programmation des concerts et spectacles du premier semestre 2026 qui fait la part belle à la diversité des styles. Présentation détaillée des mois de février et mars.
Julien Doquin de Saint Preux, samedi 7 février (20 h 30). Cet artiste touche-à-tout, au parcours dense, chemine maintenant dans un solo aussi savoureux que personnel. Julien se pose des milliers de questions au sujet des quantités de choix auxquels il est confronté chaque jour. Au fur et à mesure de ses questionnements, un thème récurrent est apparu : le doute permanent qui l’habite. Ce spectacle, plein de tendresse, d’amour et d’humour, largement autobiographique, raconte les enjeux profonds de l’indécision du type qui a de la peine à faire des choix, à se sentir à sa place, à être pleinement heureux, qui refuse de grandir trop vite. Pendant très longtemps, il a écrit pour les autres des sketchs, chroniques, fictions radio, vidéos, web-séries, théâtre. Il est également apparu dans l’émission de la RTS 26 minutes, dans 120 minutes et sur Couleur 3 bien entendu.
Solam Riondel, samedi 21 février (20 h 30). L’artiste Solam Riondel a choisi de créer en résidence tavannoise un nouveau spectacle juste avec son piano. Précieux compagnon depuis son enfance, orchestre à lui tout seul, il est déjà entré en scène dans plusieurs de ses trios successifs. L’envie d’aller plus loin, d’aller jusqu’au bout de ses compositions lui est venue comme une évidence. Cédant avec bonheur à cet appel, elle a plongé plus profondément encore entre ses 88 touches pour en ressortir l’écriture pour orchestre qui lui est chère. Ces éléments musicaux se déclinent en formes longues, très arrangées ou à peine suggérées, qui ouvrent leur structure à l’improvisation. Y répondent l’espace vécu comme un son et le mouvement comme un chant, au fil de l’inspiration de l’instant, en dialogue avec la présence du public.
Compagnie Linga, dimanche 1er mars (17 h). Pour sa première création jeune public, la Compagnie Linga a choisi « Kaguya-Hime » un conte ancestral, connu de tous les enfants japonais. Sans en suivre à la lettre le texte mais en cherchant à en extraire des thématiques universelles tout en plongeant le public dans une esthétique originale. Par la danse comme moyen d’expression, le spectacle stimule l’imagination, sans l’utilisation d’aucun mot. Ce spectacle s’adresse aux très jeunes spectateurs et aux adultes qui les accompagnent. Elle sera accompagnée de deux danseurs performeurs.
Enzo Enzo et Romain Didier, samedi 7 mars (20 h 30). Une soirée placée sous le signe de la complicité et de la chanson d’exception. Le spectacle s’ouvre tout en douceur avec « Clopin Clopant » de Pierre Dudan comme une invitation à se laisser porter Dans le soleil et dans le vent… Suivent « Les Yeux ouverts » de Juliette Andrea Thierrée, chanson qui a permis à Romain Didier d’entendre pour la première fois Enzo Enzo. Puis « La Baie d’Alang », magnifique composition évoquant le lieu où l’on désosse les navires, dont le mythique France. Ainsi, tout au long de la soirée, les perles s’enchaînent. Ce concert est comme un moment suspendu, un partage d’âme à âme, qui célèbre la richesse de la chanson française dans ce qu’elle a de plus vrai, de plus doux, de plus humain.
RAW et OWNI (première partie), samedi 14 mars (21 h). Raphaël Alexandre Weber, alias RAW, est un songwriter et multi-instrumentiste neuchâtelois. Il est connu notamment pour avoir écumé les scènes suisses et européennes durant plus de quinze ans en tant que chanteur et guitariste du groupe The Rambling Wheels. L’envie de créer un nouveau projet musical en solo émerge en 2021, à la suite de l’enregistrement d’un clip pour sa chanson folk « Eclipse ». Son style d’écriture unique et subtil fusionne des mélodies accrocheuses et des riffs de guitare puissants, qui le placent aux frontières de la power-pop et de l’indie-rock-progressif. Sur scène, RAW prend la forme d’un trio compact et efficace.
OWNI, qui se produira en première partie, est à la fois ovni et omni, convaincu-e qu’il n’y a pas de singularité sans similarité. L’auteur-e compositeur-ice-interprète suisse de 22 ans mélange chanson française mélancolique et pop onirique. Son premier EP Prisme parle du fait de grandir en tant que personne queer et il aborde différentes thématiques allant de la discrimination à l’univers du drag en passant par la beauté des relations humaines. Sa sortie est prévue pour fin janvier 2026, une des chansons a été produite par le duo Aliose. Sur scène, OWNI abandonne son monologue pour laisser place à un dialogue avec les deux musiciennes qui l’accompagnent, Lynn Ma, pianiste dotée d’une magnifique délicatesse, et la charismatique Romane Gauss.
Serge Band et Pauvre S (première partie), samedi 21 mars (21 h). Déjà treize ans que le pari un peu fou d’un soir d’été s’est transformé en véritable aventure artistique et humaine. Le blues et rock’n’roll francophone, distillé depuis tout ce temps, infuse plus que jamais les chansons proposées tout au long de ce chemin. Serge Band s’est produit le 13 décembre sur la scène de la BFM à Saignelégier et y a enregistré et filmé son dernier concert. Un nouvel album en public sortira en exclusivité le 21 mars sur la scène du Royal. Après cinq albums studio et trois en public, Serge Band est heureux de vous présenter ce nouvel opus. L’énergie et l’émotion sont plus que jamais au centre du processus de création et l’album se veut compact et intense.
Pauvre S se produira en première partie de soirée en solo. Au travers de textes qui fouillent l’angoisse de l’usure, qui creusent la peur des lendemains incertains, c’est l’expression en filigrane de la difficulté d’être au monde. Souvent introspectif, parfois plus universel, c’est toujours un chant funambule qui avance entre désillusion et espoir. A l’origine, le projet personnel de Samuel Maniez, qui s’est d’abord tourné vers la poésie avant de choisir de s’accompagner d’une guitare afin de mettre en musique ses textes.
Compagnie Vilain Tapis, dimanche 29 mars (12 h 15). Dans le mythe originel, Ariane sauve Thésée du terrible labyrinthe et Thésée l’abandonne sur une île, dès le lendemain. Si Ariane et Thésée se rencontraient aujourd’hui, à quoi ressemblerait leur histoire d’amour ? Quand le coup de foudre s’en mêle (merci Cupidon), vingt-quatre heures peuvent apparaître comme une vie entière. On se plaît, on s’enflamme, on se projette tout un monde et puis on finit par chanter des chansons pop en solo dans sa cuisine. Une envie irrépressible de transposer des histoires de roman sur les scènes de théâtre et de lier le registre comique à des enjeux de société actuels. (cp)
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