« Chaque virage était un combat ! »
« La route n’existait plus et il fallait tout simplement s’inventer un chemin. » Ou encore : « J’ai parfois dû rouler sans phares dans la nuit pour avoir une meilleure visibilité. » Mais ce n’est pas tout : « J’ai vu des scénarios de fous. Sur la ligne de départ à la montée, certains pilotes n’arrivaient pas à démarrer. Ils étaient poussés par des commissaires. Un vrai sketch ! » Des formules de ce type, nous pourrions encore vous en livrer par dizaine, tant cette 94e édition fut différente des autres. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que malgré tous ses pièges, Olivier Burri et son navigateur valaisan Stéphane Fellay n’ont pas abandonné et ce n’est pas l’envie qui manquait : « C’est vraiment le genre de course qui comporte tous les ingrédients pour te mener à la déprime. C’est vrai que j’ai parfois hésité à renoncer, mais en pensant à tous les amis qui viennent ici pour soutenir notre équipage, il fallait absolument tenir le coup pour ne pas les décevoir. » Résultat des courses : le tandem Burri/Fellay s’est classé 27e du classement scratch et 15e de la classe R2. Parmi les soixante-six équipages engagés à cette 94e édition, seuls quarante-huit ont franchi la ligne d’arrivée, témoignant du niveau de difficulté extrême de cette course marquée par des tempêtes de neige, du brouillard, du verglas, de la pluie et de la neige fondante pour corser le tout.
« Incapable d’élever le niveau de mon pilotage »
« Dimanche, lors de la deuxième montée du col du Turini, la neige fondante m’a piégé et j’ai tapé dans un mur latéral. La roue arrière gauche s’est cassée et il a fallu la changer sur place ce qui engendra évidemment une importante perte de temps », relève le pilote de Belprahon. « Vous savez, le fait de devoir faire preuve d’une extrême concentration sur une durée aussi longue, c’est quelque chose d’assez violent. En fait, chaque virage était un combat. Notre sortie de route du jeudi soir a laissé des traces et je n’ai jamais été capable d’élever mon niveau de pilotage. La Toyota Yaris que je roulais au « Monte » n’est pas ma propre voiture et, inconsciemment, tu restes prudent parce que tu ne veux tout simplement pas la mettre sur le toit. »
Bientôt membre d’honneur de l’Automobile Club de Monaco ?
Lorsque nous avons demandé à Olivier Burri s’il était prêt à repartir l’année prochaine pour une 29e participation au Rallye de Monte-Carlo, sa réponse a fusé : « Laissez-moi d’abord récupérer avant de voir si loin ! » s’est-il exclamé. « Après, il y a deux facteurs qui plaident pour que je me présente une nouvelle fois au départ. Le premier, c’est le soutien de mes potes qui se réjouissent déjà de me revoir au « Monte » et le deuxième c’est le fait que l’Automobile Club de Monaco m’a annoncé qu’il me nommerait membre d’honneur lors de ma 30e participation. Pour l’heure, je vous dirais que ma décision de repartir l’année prochaine est plus proche du non que du oui, mais il faut encore me laisser quelques mois pour que je puisse opérer mon choix avec le recul nécessaire. Vous savez, j’ai un esprit de compétiteur et si je me rends au « Monte », ce n’est pas simplement pour me balader, mais pour faire le mieux possible. Et je ne vous cache pas que plus l’âge avance, plus cela devient difficile d’être à la hauteur aussi bien physiquement que mentalement. Les sacrifices à consentir dans la préparation sont énormes », conclut le pilote de Belprahon. On signalera encore que c’est le Suédois Oliver Solberg qui a remporté cette 94e édition devant Elfyn Evans et Sébastien Ogier. Olivier Odiet



