Actualités, Culture

Adieu le temps béni des pentes enneigées !

Edition N° 6 – 18 février 2026

Charlène Mamie porte un regard nostalgique sur l’époque où le manteau blanc supplantait les pistes vertes. (photo ldd)

Les touristes du monde entier se pressent pour admirer les Alpes, ces grandes et majestueuses montagnes entourées de glaciers, de trains à crémaillère et de téléphériques dernier cri. Charlène Mamie a grandi dans la région de la petite sœur. Des montagnes aussi, mais plus petites, plus tassées, plus anciennes : le Jura. Des montagnes et des collines qui l’ont vu grandir. C’est lorsqu’elle regarde des vieilles vidéos ou d’anciennes images qu’elle se rend compte à quel point l’environnement y a changé.

La faute à rejeter sur le réchauffement climatique 

Charlène Mamie a entendu ces histoires de kilos d’or blanc et ses murs de neige tombés sur les crêtes du Jura, avec ses mini-stations de ski nées au XXe siècle et qui ont prospéré durant des années. La génération de ses parents dévalait les pentes jurassiennes, alors sans se douter de leur chance. En tant qu’amatrice de ski et de neige, Charlène Mamie a toujours rêvé en regardant ces vieilles images de skieurs en pull en laine et skis en bois. L’âge de l’or blanc du Jura du siècle dernier est pourtant bien derrière. 

Si les pentes enneigées ont fait place aux pâquerettes et aux cramias, la faute est principalement à rejeter sur le réchauffement climatique. Selon Météo Suisse, la moyenne climatique actuelle se situe déjà 2,8 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle. Depuis ces dix dernières années, l’augmentation a été de 2,7 °C. Une réalité parfois fatale pour les stations de basses altitudes. Certaines ont fait faillite, mais n’ont pas été démantelées, laissant derrière elles une photographie figée dans le temps. 

Reconversion réussie à Malleray 

D’autres stations résistent et sont exploitées quelques jours par année : Les Breuleux, Le Crêt-du-Puis, Nods, Tavannes, La Corbatière ou encore Le Crêt-Meuron, qui, après dix ans d’arrêt, a repris du service en 2021. Des téléskis sont aussi reconvertis comme celui de Malleray, où les skieurs ne sont plus les seuls à dévaler les pentes, mais partagent la remontée avec les bikers. Malheureusement, plusieurs stations et sauts à ski n’ont pas résisté au manque de neige. La photographe s’est rendue sur ces lieux abandonnés. Elle a voulu immortaliser dans son objectif les restes d’une époque révolue. Avec l’espoir que ses images interpelleront sur l’une des premières conséquences tangibles et visibles du réchauffement climatique dans la région. Charlène est née au pied du Jura à La Neuveville. Son CFC de médiamaticienne en poche, elle réside désormais à Bienne pour se rapprocher de son travail à Macolin, à l’Office fédéral du Sport OFSPO. Là, la photographie et la réalisation de vidéos rythment son quotidien, ce qui ne l’empêche pas de sortir régulièrement son appareil photo, aussi une fois sortie du travail. (cp-oo)

Exposition Pistes vertes, photographies de Charlène Mamie, du vendredi 27 février au jeudi 2 avril au CIP, Tramelan. 

Charlène Mamie porte un regard nostalgique sur l’époque où le manteau blanc supplantait les pistes vertes. (photo ldd)