Quand l’histoire et le présent se relient…
C’est le documentaire animalier « Du Grand Val au Petit Val » réalisé par Jonathan Contin et Francis Hengy qui a fait office de rampe de lancement à cette exposition de photographies. En fait, les questions posées lors de différentes projections organisées dans les cinémas et écoles de la région ont interpellé les initiateurs du projet : « Entre le Grand Chasseral, le Cornet, Valbirse, etc., les gens ne savent plus vraiment sur quel pied danser », relève Francis Hengy. « Deux exemples m’ont particulièrement frappé : un enfant du Fuet m’a demandé où se niche le Grand Val et une autre personne qui a vu un panneau d’entrée Grand Chasseral n’avait jamais entendu parler de cette appellation. » Face à cette méconnaissance de la région par ses propres habitants, Francis Hengy et Jonathan Contin ne pouvaient raisonnablement par rester les bras croisés. « Dans le cadre d’une discussion, Julien Hippenmeyer, directeur de la Résidence les Aliziers à Crémines, nous a demandé si nous avions une idée pour réaliser une exposition de photos à accrocher aux murs de l’institution. C’est alors que nous est venu l’idée de contacter Jean-Claude Chevalier, collectionneur d’anciennes photos et de cartes postales de la région. Il a répondu favorablement à notre requête et nous avons passé des heures à trier des photos pour en exposer quarante », relève Francis Hengy. En visitant l’exposition, le public peut découvrir des anciennes photos de Châtelat, Monible, Souboz, Sornetan, Les Ecorcheresses, Le Pichoux, Perrefitte, Moutier, Eschert, Belraphon, Grandval, Corcelles, Crémines et Elay. Au même endroit, elles sont mises en comparaison avec les clichés actuels de Jonathan Contin qui s’est attelé à un travail très intéressant : retrouver l’angle idéal par rapport aux anciennes photos tout en assurant la mise en valeur du cadrage et de la colorimétrie. Le résultat est tout simplement bluffant. A de rares exceptions, il a été possible d’offrir une comparaison des photos entre le passé et le présent. « Certains vestiges ont disparu comme l’église catholique de Moutier démolie en 1966. Et puis, nous n’allions quand même pas remplacer une diligence par une deux-chevaux », a-t-il souligné.
Jonathan Contin : « Ce projet me sort de ma zone de confort »
Au-delà de leur valeur historique, ces photographies possèdent une véritable dimension esthétique. Les jeux de lumière, les compositions parfois spontanées et les regards capturés offrent une lecture artistique saisissante de ces archives. L’exposition met également en exergue le travail de conservation et de transmission effectué par Jean-Claude Chevalier. Sans ce travail de fourmi que seuls les passionnés sont en mesure de fournir, une grande partie de ce patrimoine visuel aurait disparu : « Les archives ne doivent pas rester dans un tiroir. Il faut les montrer pour réveiller des souvenirs ! » s’est-il exclamé. Quant à Jonathan Contin, le fait de se retrouver dans la lumière pour répondre aux sollicitations des médias le place dans une position qu’il n’affectionne pas particulièrement. « Participer à une conférence de presse me sort de ma zone de confort car je préfère me retrouver sur le terrain. Mais bon, tout cela fait aussi partie du projet et je l’assume en me faisant juste un peu violence », glisse-t-il avec la franchise qui le caractérise. Olivier Odiet
Exposition comparative de photographies sur l’évolution urbaine des années 1990 à ce jour, du Grand Val au Petit Val, à la Résidence des Aliziers à Crémines. A découvrir jusqu’au 21 août 2026, chaque jour de 10h à 19h30.




