Staudenmann écrase la concurrence !
En choisissant d’organiser la Fête de lutte du Jura bernois sur le site idyllique de la Werdtberg, les organisateurs n’ont pas choisi la facilité, mais leur audacieux pari s’est finalement avéré payant, plus de 2000 spectateurs s’étant déplacés pour assister à cet événement sportif de très haute tenue. Mais avant d’évoquer les péripéties des actifs qui ont lutté le dimanche, on soulignera les exploits de la relève régionale le jour avant puisque quatre palmes sont venues récompenser les efforts de Valentin Grossenbacher (Péry), Noa Ferreira (Corgémont), Adrian Burger (Tavannes) et Loris Zeller (Corgémont). Une superbe performance d’ensemble qui en dit long sur l’état de forme actuelle des jeunes lutteurs du Jura bernois. Le chef technique Jean-Philippe Kläy peut être fier du travail accompli…
Jérémy Tschanz sauve l’honneur du Jura bernois
Très attendu, le point culminant de ce week-end de lutte n’était autre que la journée du dimanche avec l’entrée en lice des actifs. Grand favori de la compétition, Fabian Staudenmann s’est montré à la hauteur de sa réputation puisqu’il a respectivement battu sans trembler Christian Gerber, Fabian Aebersold, Philipp Roth, Peter Beer, Dario Bühler et Michael Ledermann lors de la passe finale qui n’a duré que 55 secondes. Chez les régionaux, les frères Matthieu et Etienne Burger n’ont pas réussi à tirer leur épingle du jeu. Le premier a jeté l’éponge après deux combats. Ressentant une blessure à un genou, il a préféré renoncer de manière à ne pas prendre le moindre risque en prévision du fameux Kilchberger Schwinget qui aura lieu le 5 septembre. Son frère Etienne ne gardera pas un souvenir impérissable de cette journée non plus. Il a goûté aux joies de la victoire après son troisième combat seulement et n’a pas réussi à remporter la couronne. Un jour sans, quoi ! Une seule couronne est tombée dans l’escarcelle des lutteurs du Jura bernois. Elle est revenue au Tavannois Jérémy Tschanz qui avait décroché la première de sa prometteuse carrière à l’Oberlandaise. C’est ce qu’on appelle avoir le vent en poupe…
Le scepticisme des puristes
Marquée par les productions folkloriques de circonstance, cette 98e Fête de lutte du Jura bernois a comblé le public lambda, mais certains puristes ont néanmoins regretté le fait de ne pas offrir aux lutteurs des conditions idéales, les ronds de sciure n’ayant pas pu être placés sur un terrain plat. A l’heure où la lutte suisse tend à se professionnaliser, ne devrait-on pas donner la priorité à la qualité de l’infrastructure plutôt que de chercher à tout prix un paysage « carte postale »? Cette question ne se posera pas pour la prochaine édition qui se déroulera à Sonceboz, mais elle reviendra assurément sur le tapis après. L’interrogation est d’autant plus légitime que l’organisation d’une fête au Mont-Raimeux ou à la Werdtberg, par exemple, nécessite des moyens logistiques hors normes. Sans oublier, en plus, des fâcheuses contraintes liées aux routes sinueuses. Nul doute que les têtes pensantes de la lutte cantonale et du Jura bernois se pencheront tout prochainement sur cet épineux dossier. Si ce n’est pas déjà fait…
Olivier Odiet

(photos Jean-Marie Jolidon)





