Hôte d’honneur, le canton de Berne s’est présenté sous la devise Berne au galop, avec une délégation impressionnante : plus de 200 chevaux et quelque 600 participants, représentant les différentes régions bernoises, leurs traditions, leur artisanat, leur musique et leur culture équestre.
Le programme comprenait notamment des démonstrations de monte et d’attelage ; une grande parade représentant les différentes régions bernoises ; des traditions et spécialités bernoises ; un stand consacré aux métiers du cheval, à l’artisanat et à la médecine vétérinaire ; un gala avec le trio Marc Tschanz et le Brass Band Emmental.
Les autorités jurassiennes et bernoises ont clairement voulu faire de Saignelégier un symbole de la normalisation de leurs relations. La présidente du Gouvernement jurassien, Rosalie Beuret Siess, a estimé que cette édition avait une portée beaucoup plus large que la simple manifestation équestre.
Important dispositif de sécurité
Du côté bernois, le conseiller d’Etat Pierre Alain Schnegg a également parlé d’une page tournée et de relations désormais apaisées. La présence simultanée des conseillers fédéraux Elisabeth Baume-Schneider et Albert Rösti a renforcé cette dimension historique. Albert Rösti a lui-même présenté le Marché-Concours comme le signe qu’une page s’était définitivement tournée entre les deux cantons. Ironie de l’histoire : une fête lancée à l’époque où Saignelégier appartenait encore au canton de Berne est devenue, 121 éditions plus tard, le cadre d’un rapprochement entre Berne et le Jura.
Le climat est resté suffisamment sensible pour justifier un important dispositif de sécurité. Quelques militants autonomistes ont mené des actions symboliques, notamment autour de Belprahon, pour rappeler que la Question jurassienne n’est pas encore totalement réglée. Une vingtaine de personnes ont ainsi manifesté pacifiquement avant le banquet officiel.
Des questions sur l’avenir du cheval franches-montagnes
Derrière le succès populaire et politique, le Marché-Concours a également servi de tribune aux éleveurs jurassiens, préoccupés par l’avenir économique et l’élevage du cheval franches-montagnes. Rosalie Beuret Siess a apporté un soutien inconditionnel à cette cause et plaidé pour qu’une réflexion soit amorcée de manière à préserver cette race unique en Suisse. En clair, la fête a été un succès, mais elle est survenue au moment où la filière chevaline cherche des solutions pour assurer sa pérennité. (map)

Schneider s’est reformé à Saignelégier.
(photos Jean-Marie Jolidon)


