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Un modèle qui séduit

Edition N° 30 – 26 août 2026

Proposer le foot pour les juniors à la carte, soit pour les compétiteurs, d’une part, et ceux qui préfèrent le pratiquer en mode loisirs, d’autre part, est un modèle envié loin à la ronde et qui a vu le jour en 2019 dans le vallon de Saint-Imier sous l’impulsion de quatre clubs (Saint-Imier, Sonvilier, Courtelary, La Suze). Cette structure bien huilée est placée sous une seule et même bannière : Team Vallon. Etat des lieux avec le président Julien Lautenschlager. (photo ldd)

Une structure adaptée à tous les niveaux

Affirmer que le Team Vallon est un modèle envié dans le domaine de la formation des juniors ne relève pas de l’exagération. Avec près de 300 jeunes disséminés dans vingt et une équipes de foot différentes, cette structure permet de conserver une offre de football diversifiée dans la région, tout en donnant aux meilleurs éléments la possibilité de progresser vers des niveaux plus élevés. Mais surtout, il permet à ceux qui pratiquent le football avant tout pour le plaisir de continuer à jouer dans un environnement adapté. C’est cette capacité à accueillir différents profils qui donne toute sa pertinence au projet. Président de Team Vallon, Julien Lautenschlager incarne de manière éloquente cette volonté de faire grandir le football régional par le travail collectif. Son implication ne se limite d’ailleurs pas aux tâches administratives liées à la présidence. Son parcours au sein du football junior illustre une présence concrète sur le terrain. Il a notamment été entraîneur d’une équipe de juniors C du Team Vallon, aux côtés d’Ivo Neves.Cette double expérience, entre responsabilités dirigeantes et travail auprès des jeunes, donne un relief particulier à sa fonction.

Emilie Mece : du Team Vallon à la Juventus de Turin

« L’un des objectifs du Team Vallon est d’alimenter les équipes actives du football régional avec les joueurs issus de sa propre structure de formation », relève-il. « Et cela donne parfois lieu à l’éclosion de pépites se voyant offrir l’opportunité de rayonner à l’étranger. Je pense évidemment à Emilie Mece, âgée de 19 ans, dont le parcours fait la fierté de toute une région puisqu’elle défend les couleurs de la Juventus de Turin depuis cette année après avoir évolué avec Young-Boys et Lyon », relève-t-il. Pour un club formateur, voir l’une de ses anciennes juniors atteindre le monde professionnel constitue une formidable reconnaissance du travail accompli au quotidien. Cela démontre qu’une jeune fille issue d’une région comme le vallon de Saint-Imier peut atteindre ses objectifs et, un jour, se retrouver comme dans un rêve sur les terrains du football de très haut niveau.
Il faut savoir que le Team Vallon est rattaché à deux clubs centraux, soit le FC Erguël et le CS Vallon. Même si le classement n’est pas la priorité absolue, les résultats sportifs constituent naturellement un encouragement.
Le Team Vallon a déjà connu plusieurs moments forts. En 2021, une équipe de juniors D du Team Vallon avait remporté la finale neuchâteloise de sa catégorie, inscrivant ainsi son nom au palmarès cantonal. Cette réussite avait été précédée de belles performances durant la saison, avec notamment une victoire en finale et plusieurs résultats convaincants dans les différentes catégories. Mais au-delà des titres, chaque progression individuelle représente une victoire.
Le jeune qui apprend à maîtriser un geste technique, celui qui reprend confiance après une période de doute, celui qui découvre le plaisir de jouer en équipe, etc. : c’est cette somme de petites réussites qui constitue finalement le véritable bilan d’une école de football.

La gestion des parents ? Une source d’épuisement

Selon Julien Lautenschlager, la principale difficulté des nombreux entraîneurs de cette structure n’est pas liée à l’attitude des enfants, mais plutôt à celle des parents : « On ne peut évidemment pas tous les mettre à la même enseigne, mais certains sont omniprésents et exercent une pression constante sur les dirigeants en brandissant la menace de changer leur enfant de club s’il est entraîné par X ou Y. Au début, je voulais toujours un peu ménager la chèvre et le chou pour ne froisser personne, mais je m’épuisais et j’ai décidé de ne plus mettre de gant en disant « si vous n’êtes pas content, vous pouvez toujours aller voir ailleurs! » Aujourd’hui, les enfants n’ont pas besoin d’entraîneurs, mais plutôt d’éducateurs. Lorsque nous les sollicitons pour donner un coup de main à une manifestation, par exemple, soit ils ne viennent pas, retenus qu’ils sont pour fêter l’anniversaire de la grand-mère, soit ils oublient ou soit ils trouvent encore une autre excuse. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que nous devons aussi renflouer les caisses pour pouvoir maintenir des cotisations à un coût très avantageux, ce qui est notre cas. »

« On est des clochards! »

Pour Julien Lautenschlager, le principal frein au développement du Team Vallon se situe au niveau des infrastructures : « Par rapport aux équipes juniors qui ont la chance de pouvoir s’entraîner sur des terrains synthétiques, on est des clochards! » s’exclame-t-il. « Le fait de devoir s’entraîner en halle durant l’hiver rend certes les joueurs très bon physiquement, mais au niveau de la qualité du jeu, on paie au prix fort les conditions climatiques difficiles de la phase de préparation hivernale. J’ai le sentiment que toutes les communes de notre rayon n’ont pas la même écoute vis-à-vis de nos revendications. Sonceboz-Sombeval ou Corgémont donnent de bons signaux et semblent détendus sur le sujet alors qu’à Saint-Imier, c’est très difficile d’obtenir un soutien. A la fin c’est décourageant de toujours donner l’impression d’être des mendiants… »
Pour conclure, on précisera encore que le football du vallon de Saint-Imier a longtemps reposé sur l’attachement à ses clubs, à ses couleurs et à ses terrains. Le Team Vallon ajoute aujourd’hui une dimension supplémentaire : celle d’une identité commune autour de la formation. Et pour ne rien gâcher, on constate que cette organisation parfaitement huilée se traduit par des performances de choix sans pour autant négliger le plaisir du foot. Signe qu’il est possible de relever les défis les plus audacieux lorsqu’on travaille en bonne intelligence.
Olivier Odiet

Les équipes du Team Vallon sont régulièrement récompensées pour leurs brillants résultats. Ici les juniors C1 lors de la saison 2023-2024. (photos ldd)
Un staff d’entraîneurs impressionnant par le nombre, mais aussi par le talent.
Pur produit du Team Vallon, Emilie Mece bénéficie d’un statut professionnel à la Juventus de Turin.
Julien Lautenschlager : un président hyperactif qui joue sur de nombreux tableaux.
Logo du Team Vallon

Proposer le foot pour les juniors à la carte, soit pour les compétiteurs, d’une part, et ceux qui préfèrent le pratiquer en mode loisirs, d’autre part, est un modèle envié loin à la ronde et qui a vu le jour en 2019 dans le vallon de Saint-Imier sous l’impulsion de quatre clubs (Saint-Imier, Sonvilier, Courtelary, La Suze). Cette structure bien huilée est placée sous une seule et même bannière : Team Vallon. Etat des lieux avec le président Julien Lautenschlager. (photo ldd)