Sports

Au cœur du chaudron biennois

Edition N°14 - 10 avril 2019

Les supporters de la tribune sud soutiennent leur équipe favorite avec une ferveur contagieuse. (photo ldd)

La tribune sud de la Tissot Arena était en ébullition le mardi 2 avril dernier lors de l’acte IV des demi-finales des playoffs entre Bienne et Berne. Notre incursion au cœur du chaudron biennois s’est traduite par des sentiments contrastés, les supporters du HCB étant tellement concentrés sur ce match crispant qu’ils ont parfois mis leurs encouragements en veilleuse sans même s’en apercevoir. Le concert de sifflets découlant des décisions arbitrales restera comme un élément marquant de cette fête du hockey qui s’est déroulée sans le moindre incident. Qui s’en plaindra?

Un derby entre Bienne et Berne déchaîne déjà les passions lors d’un match du championnat régulier alors on vous laisse imaginer l’engouement engendré par une rencontre des demi-finales des playoffs. Nous avons déjà pris la température avant le début des hostilités dans les travées de la Tissot Arena en demandant à Sandra et Nicolas, deux fans inconditionnels du HC Bienne, les raisons de leur admiration sans borne pour le club seelandais: «Je suis tombé dans la marmite en étant tout jeune!», s’exclame Nicolas. «Je suis d’ailleurs un peu nostalgique de l’époque glorieuse du Stade de Glace où l’ambiance était moins «américanisée» qu’à la Tissot Arena. C’est l’effet des places assises. On s’y fait gentiment.» Quant à Sandra, elle constate avec un certain plaisir que le HCB draine toujours plus de supporters en provenance du Vallon de Saint-Imier et de la Vallée de Tavannes. Ce constat s’est pleinement vérifié lors de cette soirée du mardi 2 avril où la proportion du public parlant le suisse-allemand et le français était assez équitable. En déambulant dans les coulisses de cette patinoire haut standing, nous avons constaté que les anciens piliers du club comme Georges Aeschlimann, Olivier Anken ou encore le plumitif sulfureux de l’époque Raoul Ribeaud restent toujours fidèles au club de leur cœur en scrutant les faits et gestes des acteurs sans exubérance mais avec un regard de connaisseur. 

La main de Fehr 

Maire de Bienne, Erich Fehr ne passe pas inaperçu à la Tissot Arena. Quand il quitte son siège pour rejoindre un point de restauration, les gens lui tendent la main un peu comme si son statut équivalait à celui d’une pop star. La rançon de la gloire… Même si le spectacle de l’acte IV n’a pas atteint un niveau aussi élevé que celui proposé lors de la confrontation du jeudi 28 mars, le public ne s’est pas ennuyé pour autant. Le suspense fut à son comble jusqu’à la réussite de Mursak à la 59e minute. 

Ferveur contagieuse 

En se mêlant aux supporters de la tribune sud, nous avons constaté que la ferveur du kop biennois était contagieuse, ses chants étant repris quasi systématiquement par les supporters confortablement installés aux places assises. Signe que le supporter phare qui donne le ton à l’aide d’un porte-voix ne prêche pas dans le désert. Ce match étant particulièrement crispant, les supporters étaient tellement concentrés sur ce duel sans concession qu’ils ont parfois mis leurs encouragements en veilleuse sans même s’en apercevoir. En fait, les séquences les plus bruyantes sont survenues sur des faits de jeu directement liés aux décisions arbitrales. Entre le concert de sifflets et les objets lancés sur la glace, le public était à cran. Mais cette extrême tension est cependant restée dans les limites de la décence, aucun incident n’étant venu ternir cette fête du hockey. En résumé, ce n’est pas forcément la meilleure équipe qui a remporté cette acte IV, mais la plus réaliste. 

Olivier Odiet 

Les supporters de la tribune sud soutiennent leur équipe favorite avec une ferveur contagieuse. (photo ldd)