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En attendant la grosse échéance biennoise…

Edition N° 47 – 24 décembre 2025

Christian Kobel avec Nadja Günthör, présidente du comité d’organisation de la Fête fédérale de musique à Bienne. (photo bd)

C’est par une journée des plus hivernales que les représentants des sections de la Fédération jurassienne de musique se sont réunis dès potron-minet sur les hauts de Reconvilier, à la Salle des fêtes, pour y suivre un ordre du jour copieux et néanmoins festif.

Dans son rapport, le président Christian Kobel a rappelé ce qu’est la Fédération jurassienne de musique qui a été fondée en 1885 pour regrouper les fanfares, harmonies et ensembles de cuivres du Jura, du Jura bernois et de Bienne. Elle regroupe soixante-cinq sociétés et pas moins de 1606 membres. Son objectif est avant tout de promouvoir la formation musicale et la cohabitation des générations au travers de cours, mais aussi de concours et divers événements. Outre le comité central, la fédération est dirigée par une commission musicale de cinq membres, présidée par Florian Lab.

Tout pour la jeunesse

Chaque année, la FJM organise aussi un camp musical qui a réuni nonante-sept jeunes en 2025, et le Concours Jurassien pour Solistes et Ensembles (CJSE). Les meilleurs sont inscrits au concours national et au Swiss Windband Award. Le président ajoute que la Fête périodique des Jeunes Musiciens Jurassiens (JMJ) réunira sans doute plus de 200 jeunes lors de sa prochaine édition en octobre 2027 à Cornol. Mais dans un avenir tout proche, la Fête fédérale de musique qui a lieu tous les cinq ans se tiendra à Bienne, ville bilingue certes, avec une organisation en grande partie alémanique mais incluse dans le périmètre de la Fédération jurassienne et à l’organisation de laquelle le président Christian Kobel et son comité ne manquent pas de participer.

C’est le plus naturellement du monde que la présidente d’organisation de ce très grand bastringue en devenir a été invitée à s’exprimer. Nadja Günthör n’est pas n’importe qui. Députée au Grand Conseil bernois d’Erlach, elle est l’épouse de Werner Günthör, l’athlète qui a été trois fois champion du monde du lancer du poids et médaillé de bronze aux JO de Séoul en 1988. Proche des milieux du sport et politicienne active, Nadja Günthör n’en connaît pas moins la musique : « Quand j’ai dit à mon mari que j’avais accepté de présider à l’organisation de cette immense fête, il a d’abord dit que j’étais folle… Maintenant, il suit avec plaisir l’évolution du dossier et m’encourage. C’est vrai qu’il s’agit d’un immense défi avec à la clé une très belle image de la région. » Une image dont le Jura bernois pourrait bénéficier et qui lui ferait le plus grand bien.

Déclin régional

Christian Kobel en est particulièrement conscient. Lui qui représente la partie bernoise de la Fédération jurassienne de musique n’ignore pas que de ce côté-ci de la frontière cantonale, les fanfares, harmonies et autres formations instrumentales traditionnelles ont beaucoup perdu de leur dynamisme au fur et à mesure que leurs membres vieillissaient et que la relève se faisait rare.

La dernière Fête jurassienne de musique a eu lieu à Alle en 2024. Il revenait de droit aux sociétés du Jura bernois d’organiser la suivante, mais le délai d’inscription a été atteint sans qu’aucune société ne s’engage à cette organisation nécessitant infrastructure et engagement. L’Ajoulot exilé à Reconvilier qu’est Christian Kobel le regrette bien sûr mais ne s’en étonne pas. « Il aurait fallu des infrastructures très importantes pour accueillir autant de monde et partant une équipe de volontaires extrêmement motivée. » C’est un peu dommage quand même, puisqu’il se murmure que les organisateurs d’Alle ont réalisé un confortable bénéfice de près de 100’000 francs pour le plus grand bénéfice de leurs musiciens. « Du coup, poursuit Christian Kobel, les postulations pour la prochaine fête pourront émaner de l’ensemble des sections affiliées, y compris celles du Jura. »

Dans les divers, on a entendu un vibrant plaidoyer pour que les radios locales de la région s’ouvrent davantage aux fanfares et harmonies régionales qui auraient grand besoin de leur soutien alors qu’elles sont les parents pauvres de leurs programmations.

Une autre doléance a été adressée à l’Ecole de musique du Jura bernois pour qu’elle collabore mieux avec les sociétés locales. Un message reçu 5 sur 5 par la députée Nadja Günthör qui s’engage à aborder le sujet à l’échelon parlementaire. C’en était fini des débats, la suite fut davantage gourmande et conviviale.   Blaise Droz

Le comité dans son intégralité, prêt à défendre la musique instrumentale dans la région. (photo bd)

Christian Kobel avec Nadja Günthör, présidente du comité d’organisation de la Fête fédérale de musique à Bienne. (photo bd)