En Suisse, le contrôle antidopage compte cinq professionnels et une petite trentaine de miliciens. Depuis 2022, la responsabilité principale de la conduite antidopage dans notre pays est confiée à la fondation Swiss Sport Integrity, anciennement nommée Antidoping Suisse. Cette organisation supervise les prélèvements, les analyses, l’éducation et les procédures disciplinaires pour manquements aux règles. Passionné de sport depuis sa tendre enfance, Gilles Horner œuvre depuis de nombreuses années dans le milieu du contrôle antidopage. Mais comment a-t-il donc été parachuté dans l’univers qui vise à défendre le sport propre ? « Lorsque je faisais partie de l’équipe organisatrice du Tour de Romandie en 2001, j’ai parlé avec Paul-André Dubosson, qui a notamment entraîné la légendaire Vreni Schneider et, au fil de la discussion, il m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour les contrôles antidopage. Etant intéressé par la fonction, je lui ai donné mon numéro de téléphone et il m’a rappelé une année plus tard. C’est ainsi que tout a commencé… »
Le profil idéal pour une fonction qui exige du self-control
Aujourd’hui retraité, Gilles Horner a notamment occupé la fonction de responsable de l’école de police francophone dans le canton de Berne et il en connaît un rayon au niveau des relations humaines. Sans qu’il s’en rende vraiment compte, ce poste de contrôleur antidopage était taillé pour lui. En effet, il en faut du self-control pour appréhender certaines situations. Diable, un athlète ne soulage pas sa vessie sur commande. Il est donc nécessaire d’être patient en certaines circonstances et surtout savoir détendre l’atmosphère quand le sportif vous réserve un accueil glacial, pour rester poli : « Je vais vous livrer une petite anecdote au sujet de l’ancien joueur de la Nati, Stephan Lichtsteiner. Le sort l’a désigné deux fois consécutivement pour le contrôle antidopage et la seconde fois, il s’est énervé lorsque je l’ai interpellé dans le tunnel menant au vestiaire. C’est alors que j’ai sorti une arme efficace : l’humour. Je lui ai dit qu’en étant tiré deux fois au sort dans un délai rapproché, il devrait jouer au loto. Pour s’excuser de son comportement excessif, il m’a donné son maillot à la fin du match. » Des anecdotes de cet acabit, Gilles Horner pourrait en balancer par dizaines compte tenu des nombreuses compétitions auxquelles il a participé en tant que contrôleur antidopage. On citera en vrac Athletissima à Lausanne (13), Weltklasse à Zurich (6), Fête fédérale de lutte (4) et un nombre incalculable de contrôles lors des entraînements de ski alpin en débarquant dans les hôtels à Wengen et Adelboden. Du 6 au 15 mars, le résident de Malleray ajoutera un événement supplémentaire à sa carte de visite puisqu’il se rendra à Milan dans le cadre des Jeux paralympiques de Milan/Cortina. Son rôle consistera notamment à sélectionner les athlètes désignés pour un contrôle, selon les directives officielles ; superviser les prélèvements (urine et/ou sang) ; garantir la traçabilité et la sécurisation des échantillons ; veiller au respect strict des procédures internationales. Dans un monde sportif où la performance est parfois poussée à l’extrême, la lutte contre le dopage est devenue un pilier de la gouvernance sportive. Les contrôleurs comme Gilles Horner incarnent cette exigence d’intégrité. Leur travail protège non seulement l’équité des compétitions, mais aussi la santé des athlètes, en particulier dans le cadre paralympique où certaines pathologies ou traitements médicaux nécessitent une vigilance accrue. En guise de conclusion, Gilles Horner s’est fendu d’un commentaire empreint d’humilité : « C’est l’enjeu que revêt notre fonction qui est important, pas les assignés aux contrôles. » Un peu quand même car sans eux, où irait le sport ? Olivier Odiet




