Il faisait un temps à ne pas mettre un journaliste dehors, jeudi dernier, lors du point presse organisé sur les hauteurs de Champoz. La pluie battante a incité les intervenants, soit André Mercerat, membre du conseil d’administration de Celtor ; Wesley Mercerat, maire de Champoz et Bruno Holenstein, ingénieur forestier EPH, à donner les explications d’usage dans un espace abrité, en l’occurrence le Fumoir de Champoz. Une photo express d’un panneau explicatif a tout de même pu être prise in extremis, mais impossible d’échapper à la douche. Depuis le temps qu’on réclamait de la pluie, on ne va quand même pas avoir l’outrecuidance de jouer les rabat-joie. « En choisissant d’aller au-delà des simples exigences légales, Celtor n’a pas lésiné sur les moyens », a déclaré André Mercerat. « Durant les cinquante dernières années, des arbres malades, vieux ou utilisés pour produire du bois ont été abattus mais leur pérennité n’a jamais été assurée », poursuit-il.
Celtor s’occupera de l’entretien sur une durée de vingt-cinq ans
« Ces mesures de compensation adoptées par Celtor constituent donc une magnifique opportunité de favoriser la biodiversité et de laisser un héritage écologique digne de ce nom aux générations futures qui pourront dire : ils n’ont quand même pas si mal travaillé. » Concrètement, plus de 1700 arbustes ont été plantés. La totalité des îlots s’élèvent à 343 îlots, dont 152 sur le Mont-Girod. L’ingénieur Bruno Holenstein a souligné que ce projet se compose d’une douzaine d’essences très diversifiées oscillant entre, grosso modo, 70 % de feuillus et 30 % de résineux. Erables sycomores, tilleuls, cerisiers sauvages, sapins blancs, pins sylvestres ou encore des essences moins répandues comme le pommier et le poirier sauvages : le panel ne souffre d’aucun manquement. On précisera encore que quatre panneaux explicatifs ont été installés sur les différents sites. Comme l’a rappelé André Mercerat, c’est souvent au niveau de l’entretien que ce genre de projet a du plomb dans l’aile. Un scénario qui ne se produira pas dans ce cas de figure puisque Celtor s’en chargera sur une durée de vingt-cinq ans.
Des effets qui se mesureront sur le long terme
Le maire de Champoz Wesley Mercerat a soulevé un constat pertinent : « Lorsque ces arbres auront pris de l’ampleur, ils serviront aussi de refuge pour le bétail qui cherche l’ombre. » Il est évident que les arbres auront besoin de temps pour grandir. La biodiversité, elle aussi, se construit progressivement. Un îlot nouvellement planté ne présente pas immédiatement toute sa valeur écologique. Au fil des années, les arbres se développent, les végétaux colonisent les espaces disponibles et les animaux commencent à utiliser ces nouveaux refuges. La véritable réussite de ce reboisement se mesurera donc sur le long terme.
Olivier Odiet



