« Pour occuper la fonction de maire, il faut une bonne dose d’inconscience. Non seulement c’est un sacré boulot, mais c’est aussi une source de soucis », confie-t-il. Si Roger Gerber a décidé de convoiter la mairie de Roches en 2019 après avoir siégé plusieurs années au Conseil communal, ce n’est surtout pas pour flatter son ego, ni pour gonfler son compte en banque, mais simplement par amour pour ce village niché au cœur d’une nature généreuse. Maintenant, si quelqu’un se sent assez kamikaze pour lui succéder, il ne s’accrocherait surtout pas aux branches et appliquerait sans autres la devise servir et disparaître. Mais c’est bien connu, on ne se bouscule pas au portillon lorsqu’il s’agit d’endosser des responsabilités. Et ce n’est surtout pas le drame de Crans-Montana qui est venu inverser la tendance, bien au contraire. « Vous savez, ce n’est pas toujours évident de débarquer sur un lieu pour faire stopper des travaux parce que rien n’est en règle, pour citer un exemple parmi d’autres. Mais je tiens aussi à souligner qu’un maire ne peut rien faire sans son staff. J’insiste donc sur le fait que les deux piliers de notre commune, c’est la secrétaire Martine Villiger et le caissier Romain Jemmely. J’ai également l’immense chance de pouvoir m’appuyer sur une magnifique équipe au Conseil communal. Nous ne partageons pas toujours les mêmes idées, mais le fait de pouvoir dialoguer avec respect facilite grandement les choses », confie-t-il. Même si la situation financière de la commune est saine, des investissements conséquents ont été consentis pour les importants travaux de réfection de la traversée du village, conduites sous la route comprises, scindés en deux étapes. De l’argent a également dû être investi suite à un important éboulement survenu sur les hauteurs du village en 2025. « Le moment est venu de se calmer un peu au niveau des dépenses ! » s’exclame-t-il. La patience de Roger Gerber ayant des limites, il est régulièrement agacé par certaines lenteurs administratives, nullement imputables à la commune, qui retardent l’avancement de certains projets, notamment dans le domaine des constructions. « Les normes sont devenues tellement pointues qu’il n’est tout simplement plus possible de gérer un tel casse-tête sans avoir recours à une entreprise spécialisée, en l’occurrence Sigeom, qui travaille en étroite collaboration avec notre secrétaire Martine Villiger », explique-t-il.
Ecoles et pompiers : « Roches y gagne au change ! »
On ne peut raisonnablement pas s’entretenir avec Roger Gerber sans évoquer les incidences engendrées par le départ de Moutier dans le canton du Jura pour la commune de Roches. La première réside sur le plan scolaire puisque les élèves de l’école primaire et secondaire quitteront Moutier pour rejoindre l’école de Grandval : « Je retiens de nombreux points positifs liés à ce changement, dont la proximité ; l’accès à une école plus terre à terre que dans une ville et le fait de rejoindre des classes plus petites qui permettent aux enseignant-e-s de consacrer plus de temps aux enfants. S’agissant des transports, tout est déjà réglé comme du papier à musique. Un bus partira de Roches et rejoindra le village d’Eschert où les enfants prendront place dans le bus du Syndicat scolaire du Grand Val. » La deuxième incidence intervient au niveau des pompiers, puisque Roches a intégré les sapeurs-pompiers du Cornet : « Les prestations sont les mêmes qu’avant, mais je constate toutefois que ce changement a provoqué un regain de motivation auprès de nos jeunes en général, et des filles en particulier », relève Roger Gerber. Invité à se prononcer sur la création de la marque territoriale Grand Chasseral, le maire de Roches n’a pas cherché à dissimuler son scepticisme : « On se retrouve au bout de deux gorges et j’ai parfois l’impression que notre commune se sent un peu oubliée. En fait, rien ne ressort des villages de la Couronne prévôtoise au niveau du Grand Chasseral à l’exception du Sikypark à Crémines. Je n’ai pas compris cette volonté obsessionnelle de faire oublier progressivement le mot Jura bernois. Le Jura, lui, n’a pas choisi un tel scénario. Excusez-moi l’expression, mais c’est encore une fois notre région qui « baisse son pantalon. » Ça commence à bien faire… »
Olivier Odiet


