Instructeur militaire durant trente-trois ans, Daniel Bueche ne cache pas que l’application des méthodes utilisées durant sa carrière professionnelle est un scénario qui s’est également dessiné dans sa fonction de président de la bourgeoisie de Court : « Il n’est bien sûr pas question de mettre les gens au garde-à-vous, mais je me sers surtout de mon expérience militaire au niveau du management et de toute la partie organisationnelle. Je n’appellerai pas ma manière de fonctionner à la bourgeoisie de Court comme une conduite militaire, mais plutôt participative. J’essaie d’être bien structuré en gardant toujours une poire pour la soif, le terrain m’ayant appris qu’on n’était jamais assez prévoyant », relève-t-il. A la fin de cette année, Daniel Bueche tirera sa révérence en tant que président de la bourgeoisie de Court après vingt ans de règne. Il n’a pas encore souhaité dévoiler le nom de son successeur qui assurera une courte transition avant de passer le flambeau à un autre président, parti celui-là pour un mandat de longue durée en raison de sa jeunesse. Aucun problème de relève n’est donc à signaler, ce qui est une excellente chose. Lorsqu’on demande à Daniel Bueche la réalisation qui l’a rendu le plus fier durant toutes ses années, il corrige le tir : « Plutôt que d’utiliser le mot fierté, je préfère dire ce qui m’a tenu le plus à cœur et c’est indiscutablement l’ensemble de l’entretien du patrimoine. Mon objectif, c’est de faire vivre, bouger, prendre des initiatives toujours en veillant à impliquer dans nos actions l’ensemble de la population et pas seulement les bourgeois », confie-t-il.
Un patrimoine mêlant forêts, pâturages, eau et bâtiments
La bourgeoisie de Court est notamment appelée à gérer et à valoriser un patrimoine qui s’est constitué au fil des générations. Cette mission se traduit concrètement par la gestion de biens et de ressources qui touchent directement la vie locale. Les forêts et les pâturages constituent une part importante de ce patrimoine, mais l’activité de la bourgeoisie ne s’arrête pas là. Elle est également impliquée dans l’approvisionnement en eau potable et dans différents projets liés à l’exploitation et à la valorisation des ressources naturelles. Sans oublier, bien sûr, le domaine des bâtiments puisque la bourgeoisie de Court est propriétaire de huit fermes, quatre bâtiments, neuf immeubles, un abri forestier et une place de pique-nique.
Eviter de faire le perroquet !
Durant sa présidence, Daniel Bueche a mis un point d’honneur à laisser une grande liberté d’action au personnel de la bourgeoisie ainsi qu’aux membres du conseil. Cette autonomie est également valable sur le plan financier. La communication est aussi un vecteur important dans les rouages de la bourgeoisie de Court et les séances du conseil se tiennent en présence du personnel, à savoir Roman Bueche, garde forestier et fontainier ; Marie-Andrée Houlmann, administratrice des finances et Annie Burkhalter, secrétaire : « En conviant le personnel aux séances du conseil, on ne doit pas faire le perroquet en répétant les mêmes choses une deuxième fois. Autre élément important : être à l’écoute des doléances du personnel. Et puis vous savez, au conseil, nous n’avons pas de secret. » Parmi les prochains investissements importants réalisés par la bourgeoisie de Court, on citera la réfection des conduites d’eau à la rue de la Golatte et de l’Essor en collaboration avec la commune et les BKW ainsi que la création de nouveaux chemins forestiers pour optimaliser l’exploitation des forêts. Selon Daniel Bueche, le dossier qui lui a pris le plus de temps et le plus d’énergie durant sa fonction de président de bourgeoisie n’est autre que la construction de l’autoroute : « J’ai participé à cette réalisation depuis le premier coup de pioche jusqu’à l’inauguration. C’était très intéressant, mais également très prenant », signale-t-il.
Une mission accomplie avec un immense plaisir
A la fin de l’année 2026, Daniel Bueche quittera sa fonction de président avec le sentiment du devoir accompli : « Je n’ai pas de regret à formuler. J’ai toujours entretenu des contacts chaleureux avec les membres du conseil et le personnel. C’est avec un immense plaisir que j’ai pu accomplir cette mission. Il est temps maintenant de passer la main. Je resterai volontiers à disposition pour donner un coup de main sans toutefois ramener mon grain de sel aux assemblées. Ma devise est simple : servir et disparaître », conclut-il. Avec son départ de la présidence, une longue période de service public local s’achèvera. Mais le véritable héritage d’une telle fonction ne se mesure pas uniquement en années de mandat, mais à ce qui reste : des forêts parfaitement entretenues, des infrastructures modernisées, une eau de qualité, des terres préservées, des projets menés à bien, et, surtout, une certaine idée de la responsabilité envers les générations futures.
A Court, Daniel Bueche aura ainsi incarné pendant deux décennies une présidence discrète mais essentielle : celle de gardien et de gestionnaire d’une part du patrimoine collectif, prêt à être transmis à ceux qui auront le privilège d’écrire le prochain chapitre.
Olivier Odiet




