Actualités, Politique

Une terre d’accueil à Crémines

Edition N° 18 – 13 mai 2026

Patrick Tobler : « Je plante les graines et je regarde le fruit de mon travail à long terme. » (photo oo)

Profondément marqué par le départ de Moutier dans le canton du Jura, Patrick Tobler n’a jamais tergiversé sur son futur lieu de domicile : partout sauf ici ! Restait encore à trouver une terre d’accueil. Après avoir établi un petit inventaire des endroits potentiellement intéressants recensés dans la région Grand Chasseral, son cœur a balancé du côté de Crémines. Tout concordait : la proximité géographique avec sa famille, des liens étroits déjà tissés avec le monde rural du Cornet et une maison nichée au cœur d’une nature généreuse qui lui tendait les bras. Comme Patrick Tobler n’a jamais été effrayé par le travail, le fait de s’atteler à la rénovation de cette bâtisse a davantage constitué une source de motivation que de tracas. Ancien conseiller de ville à Moutier, on peut légitimement se demander si l’idée de s’impliquer en faveur de la collectivité publique dans son village d’adoption ne le titille pas un tantinet : « Alors, il est clair que je ne ferme pas la porte, mais là, c’est juste encore un peu trop tôt pour y songer. Avec mon emploi de polymécanicien, mes fonctions politiques au Grand Conseil et au CJB ainsi que la rénovation de la maison, la coupe est pleine », relève-t-il.

Avenir Berne Romande : « Du pain sur la planche »

Patrick Tobler s’impose aujourd’hui comme l’une des figures montantes de la droite politique dans le Jura bernois. Il incarne une nouvelle génération d’élus régionaux attachés à la défense des intérêts francophones dans le canton de Berne. Siégeant au CJB depuis huit ans, vivre une expérience au Grand Conseil bernois s’inscrit dans la logique des choses. Obtenant le deuxième meilleur score ex-aequo avec Maxime Ochsenbein et derrière Anne-Caroline Graber sur la liste UDC avec 3529 suffrages, Patrick Tobler suit les traces de son papa Marc qui, par son engagement exemplaire et sa détermination, a marqué son passage au Rathaus de son empreinte. Au Grand Conseil, Patrick Tobler va privilégier ses thèmes de prédilection, soit la défense de l’agriculture, la sécurité, les finances et l’économie avec enthousiasme, fermeté et pragmatisme. « C’est un honneur de représenter la population du Jura bernois à Berne. Cela demande de l’engagement, mais il y a aussi de la reconnaissance derrière. Mon objectif, c’est évidemment d’exercer ma fonction de député dans la durée. Je ne suis pas la personne qui vient et qui repart en coup de vent. Je plante les graines et je regarde pousser le fruit de mon travail à long terme », poursuit-il. De manière à pouvoir concilier sereinement vie professionnelle et politique, il a souhaité réduire son temps de travail à la DC Swiss, à Malleray : « Pour exerce mes mandats politiques, j’ai obtenu le même soutien de mon employeur actuel qu’à l’époque où je travaillais chez Tornos et c’est très important à mes yeux. » S’agissant des dossiers qui tiennent particulièrement à cœur de Patrick Tobler, on citera prioritairement celui d’Avenir Berne Romande : « Je suivrai attentivement son évolution et je peux vous dire qu’il y a du pain sur la planche. Est-ce que je redoute une « Biennalisation » du Jura bernois ? Non, pas du tout. Il faut juste trouver un bon équilibre. Vous savez, les élus de noter région font de l’excellent travail à Berne pour défendre les intérêts de la partie francophone du canton. Le meilleur exemple vient du haut, en l’occurrence de Pierre Alain Schnegg au gouvernement. L’implication de la députation francophone est elle aussi efficace. Même si les Alémaniques ne sont pas toujours d’accord avec nos propositions, nous sommes écoutés et respectés. » A la question « Le Jura bernois est-il affaibli par le départ de la ville de Moutier dans le canton du Jura ? », Patrick Tobler est catégorique : « Paradoxalement, je pense que le Grand Chasseral est plutôt gagnant. Nous avons perdu beaucoup trop de temps avec l’avenir institutionnel de Moutier et aujourd’hui, on ne doit plus traîner ce boulet. Après oui, une réorganisation coûteuse doit s’opérer mais les acteurs concernés font preuve de bonne volonté et les choses se passent sans accroc particulier. »

« L’agriculture est l’économie la plus importante du pays »

Appelé à formuler un vœu pour le Jura bernois en admettant qu’un pouvoir magique lui soit affublé, Patrick Tobler coupe court à notre question : « La magie, c’est pour les rêveurs, pas pour les gens de la terre. Ce que je souhaite ne tombera pas du ciel, mais s’obtiendra par l’entremise d’interventions politiques. Je m’engage à soutenir le monde agricole à 200 % car c’est l’économie la plus importante de notre pays. Il est indispensable de permettre aux agriculteurs de faire leur travail, soit planter, labourer et non pas de passer la majorité de leur temps à remplir des formulaires. La paperasse dans le monde agricole, c’est une catastrophe et cela doit changer ! » s’exclame-t-il. Parmi les valeurs que Patrick Tobler défend bec et ongles, celle de la famille pointe aux avant-postes : « La mienne est soudée et, par les temps qui courent, c’est une immense chance. » Pour conclure, on ajoutera que le président de l’UDC Jura bernois compose avec les réalités locales sans chichi, mais avec un bon sens terrien qui permet de défricher le terrain en s’évitant des détours inutiles.
Olivier Odiet

Patrick Tobler : « Je plante les graines et je regarde le fruit de mon travail à long terme. » (photo oo)