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Le volume d’affaires reste à un bas niveau

Edition N° 35 – 30 septembre 2026

Patrick Linder : « La stabilisation reste des plus fragiles et inféodée à différents facteurs externes sur lesquels les entreprises n’ont aucune prise ». (photo c cep-grandchasseral)

Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Grand Chasseral (CEP) analyse, sur une base trimestrielle, les principales tendances de l’industrie de la précision à travers une approche prospective. Représentant près de la moitié des emplois de la région du Grand Chasseral, le secteur secondaire se caractérise par une forte homogénéité, une grande complémentarité de ses chaînes de valeur ainsi que par des liens étroits entre ses entreprises. Conçu comme un outil d’analyse et d’aide à la compréhension, le baromètre industriel offre une synthèse régulière des dynamiques à l’œuvre dans le secteur secondaire, avec un accent particulier sur la microtechnique.

Des incertitudes qui incitent à la prudence

Le niveau global d’activité dans le secteur secondaire devrait se maintenir jusqu’à la fin de l’année selon les projections des entreprises régionales. En effet, la plupart d’entre elles prévoient une stagnation des entrées de commandes pour le prochain trimestre. Ces anticipations annoncent un fonctionnement à bas régime en dépit d’une reprise progressive du flux de production horloger et de l’émergence rapide de besoins nouveaux, par exemple dans le secteur de la défense dans son acception la plus large. Qui plus est, cette vision d’ensemble ne doit pas éclipser des situations plus compliquées dans lesquelles les entrées de commandes devraient encore diminuer dans les prochains mois. « La stabilisation reste des plus fragiles et inféodée à différents facteurs externes sur lesquels les entreprises n’ont aucune prise », souligne Patrick Linder, directeur de la Chambre d’économie publique Grand Chasseral. En termes de résultats financiers, les retombées vertueuses d’une stabilisation de l’activité à la mi-année 2026 semblent d’emblée annihilées par les prévisions d’effets de change.
Au plan de l’investissement, la plupart des entreprises estiment disposer, compte tenu du contexte actuel et de sa tonicité, de capacités suffisantes. Si la marge d’autofinancement semble se maintenir, les grands projets d’investissement ne sont pas nombreux et une forme de prudence, sous-tendue par des incertitudes, est affichée par les acteurs industriels.

Une vision suisse est nécessaire pour les PME industrielles

Identifiant depuis 2025 une perte d’attractivité de la place économique suisse, spécialement pour les PME industrielles exportatrices, la Chambre d’économie publique Grand Chasseral (CEP) a cherché à évaluer directement les appréciations et attentes des entreprises face au changement de paradigme intervenu durant 2025 et s’étant confirmée en 2026. « Complétant les conclusions de différents groupes de travail constitués depuis une année, ces réactions démontrent la perception d’un nouveau contexte de fonctionnement pour les PME industrielles suisses qui engage, à la lumière des dernières évolutions, à réfléchir sans délai à la conception de la politique nationale », avance Patrick Linder. Il convient en premier lieu de souligner que plusieurs entreprises estiment indispensable de réviser la conceptualisation actuelle de l’industrie en Suisse, même si les notions de « vision » ou de « stratégie », souvent mobilisées, demandent encore des efforts minutieux de définition, de périmètre et d’ambition. Aux yeux des entreprises industrielles dans le Grand Chasseral, il importe avant tout d’éviter de manière pragmatique un décrochage concurrentiel par rapport aux entreprises concurrentes d’autres pays, en Europe et dans le monde, appliquant des éléments de politique industrielle induisant de fortes disparités.
« Au-delà de ces notions vagues (politique industrielle, stratégie industrielle, vision industrielle) ayant réémergé récemment, il s’agit en définitive de s’adapter pour maintenir l’attractivité de la Suisse comme place industrielle pour les PME dans un contexte global ayant profondément changé. Les plans de déplacement d’activités en cours de déploiement dans plusieurs entreprises attestent, si besoin, de l’urgence à le cerner » conclut la CEP. (cp)

 

Patrick Linder : « La stabilisation reste des plus fragiles et inféodée à différents facteurs externes sur lesquels les entreprises n’ont aucune prise ». (photo c cep-grandchasseral)