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Des fleurs comme carte de visite

Edition N°19 - 13 mai 2020

La ville de Moutier peut être fière de ses jardiniers. Quoi de plus normal que d’avoir… une pensée pour eux durant cette période d’incertitude. Ils embellissent la ville avec goût et savoir-faire au gré des saisons, régalant ainsi l’œil du passant qui manifeste sa reconnaissance en leur offrant un bouquet d’éloges bien mérité. (photo Olivier Odiet)

Ils rendent chaque saison agréable au regard et les compliments fusent dans les médias ou sur les réseaux sociaux, et il y a de quoi. Les jardiniers prévôtois embellissent la ville avec leurs arrangements de parterres et de bacs réalisés avec goût, qui varient au gré des saisons. Couleurs, volumes, diversité ou décorations florales inédites régalent l’œil du passant qui apprécie ces explosions végétales enluminées ou ton sur ton. 

Ils sont trois à relever le défi des saisons, non seulement pour embellir la cité à coups de fleurs et de plantes, mais aussi pour réaliser des travaux d’entretien divers qu’on ne voit pas toujours: le responsable, Fabrice Aubry, et ses complices Raphaël Léchot et Julien Roth. Ils sont rattachés au domaine des travaux publics, sous l’appellation parcs et promenades que dirige le chef de service Fabrice Zavagnin. La Municipalité, malgré un budget serré, tient à ce que la carte de visite de la ville soit agréable à l’œil et l’équipe des jardiniers s’en inspire volontiers. Voyez ces grands bacs et parterres fleuris, le giratoire du Suisse, les aménagements de la piscine ou les petits coins bien entretenus dans les différents quartiers. 

Au gré des saisons

Il faut tondre le gazon régulièrement dès le mois d’avril et jusqu’à la fin de l’automne. Comme les jardiniers s’occupent également des terrains de foot et de la place de sports, au printemps il est nécessaire de procéder à leur fumure et traitement sélectif, de tailler les rosiers et préparer les plantations estivales. En été, il faut penser au désherbage, aux plantations des bacs, des massifs et les arroser, tailler les haies, etc. alors qu’en automne, ce sont les feuilles qu’il faut ramasser, planter les différents bulbes, fleurs automnales, grand arbres et arbustes. On pourrait croire que l’hiver est une saison de repos, mais c’est bien le contraire, et de nombreuses heures supplémentaires sont souvent comptabilisées. Entre la taille des arbres, l’entretien des machines, le déneigement et d’autres travaux divers, le boulot ne manque pas. Il faut savoir aussi que l’équipe collabore encore avec celle des travaux publics lors d’événements particuliers ou festifs, à l’instar des braderies, fêtes diverses ou foires.

Des milliers de fleurs

Les jardiniers se fournissent surtout auprès d’un producteur pour que les quelques 70 bacs et la douzaine de massifs répartis dans la ville soient fleuris selon les vœux et idées du responsable Fabrice Aubry. Ce sont ainsi plus de 5000 plantes, 5000 bulbes et 3000 plantes bisannuelles qui peuvent être admirés dans des arrangements savamment calculés au niveau des associations de couleurs, de volumes et de formes. On y trouve même des légumes. Malheureusement, il faut parfois aussi compter avec les incivilités et le manque de respect de gens sans scrupules qui piétinent les plates-bandes, renversent des bacs, arrachent des plantes ou les subtilisent pour les planter chez eux. 

Peut-être ne le sait-on pas, mais il existe un règlement concernant les arbres et leur abatage, qui doit être signalé, répartis en deux groupes: ceux qui ne figurent pas à l’inventaire et ceux qui sont répertoriés. Pour ces derniers, ce sont aussi les jardiniers qui se déplacent pour donner un préavis au conseil municipal qui octroiera ou non la coupe. 

Pas de chimie

Depuis plus de dix ans, le fameux Roundup, cet herbicide total à base de glyphosate, n’est plus employé. Il avait par ailleurs fait l’objet d’interventions parlementaires et est donc banni, comme les insecticides ou les fongicides. Seul un traitement sélectif doux est employé pour les terrains de foot et la place de sports. Auparavant, il fallait traiter les rosiers tous les quinze jours. Actuellement, les jardiniers n’emploient plus de produits chimiques et ils favorisent des couches plus tardives favorables à la germination et aux insectes, ainsi que des traitements naturels.

Equipe minimum

Pour le chef de service Fabrice Zavagnin, le quota de trois jardiniers est vraiment un minimum. Ils sont aussi aidés par des civilistes qui peuvent faire des stages de un à six mois pour leur donner un coup de main. Il précise encore qu’une fois les vacances placées, les heures supplémentaires récupérées avec les maladies et accidents, ce sont quasiment trois hommes en moins annuellement qui font défaut. Quant à ce satané coronavirus, il a tout de même impacté le service puisque pendant un mois, il a fallu fonctionner avec une équipe au boulot et l’autre à la maison. Et cette canicule printanière a tout de même eu du bon puisqu’elle n’a guère favorisé la pousse du gazon. Alors si vous repérez un de ces artistes-jardiniers au milieu de ses fleurs, dites-lui que vous appréciez son travail et félicitez-le. 

Claude Gigandet 

La ville de Moutier peut être fière de ses jardiniers. Quoi de plus normal que d’avoir… une pensée pour eux durant cette période d’incertitude. Ils embellissent la ville avec goût et savoir-faire au gré des saisons, régalant ainsi l’œil du passant qui manifeste sa reconnaissance en leur offrant un bouquet d’éloges bien mérité. (photo Olivier Odiet)