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La force tranquille du HC Ajoie

Edition N°20 – 27 mai 2021

Vincent Léchenne est persuadé que le HC Ajoie tiendra parfaitement la route en National League. (photo oo)  

A ma gauche, Gary Sheehan, l’entraîneur du HC Ajoie. A ma droite, Vincent Léchenne, son adjoint qui coiffe également la casquette de directeur technique. Depuis sept ans, ce duo complémentaire fonctionne en parfaite symbiose avec les résultats magiques que nous connaissons. Quelques semaines après la promotion du club ajoulot en National League et un certain recul, l’ancien résident de Crémines, actuellement domicilié à Estavayer, lance un regard dans le rétroviseur tout en se projetant déjà dans la prochaine saison. « L’équipe tiendra la route ! » s’exclame-t-il avec des étoiles dans les yeux !        

Le tandem Sheehan-Léchenne s’est formé à La Chaux-de-Fonds. « Je passais mon diplôme d’entraîneur et Gary m’a demandé si j’étais d’accord de l’épauler à la bande. J’ai tout de suite accepté de relever ce défi. On perdait 3-0 dans la série des demi-finales des play-off de LNB, en 2010, face à Lausanne pour finalement s’imposer 4-3 et se qualifier pour la finale face à Bienne. L’aventure du HCC s’est terminée là, mais j’en garde un excellent souvenir », explique Vincent Léchenne. Ajoie a recruté Gary Sheehan en 2014 alors qu’il restait sur une expérience très enrichissante au CP Berne en tant qu’entraîneur-assistant de Lars Leuenberger. C’est en 2015 que Vincent Léchenne est devenu l’adjoint de Gary Sheehan en remplacement de Marcel Forster. Le début d’un conte de fée pour ces deux complices qui ont propulsé le HC Ajoie vers des sommets avec notamment le titre de champion de Suisse de LNB en 2016 face à Rapperswil ; une victoire en Coupe de Suisse après une finale mémorable qui a opposé le HCA à Davos en février 2020 à Lausanne et le titre de champion de Suisse de LNB récemment obtenu face aux Aviateurs de Kloten, en panne de kérosène. « Chacun de ces souvenirs éveille en moi une profonde joie, mais c’est quand même la victoire en Coupe de Suisse qui m’a le plus marqué. Le fait d’avoir épinglé quatre équipes de National League (ndlr : Lausanne, Zurich Lions, Bienne, Davos) à notre tableau de chasse est quelque chose d’extraordinaire. Il est évident que notre promotion en National League face à Kloten le 28 avril dernier reste également un souvenir lumineux, mais les sensations de partage avec nos fans à la fin du match n’ont pas dégagé la même saveur qu’à Malley en raison des restrictions sanitaires. » 

Un saut dans un autre monde

Avant de s’ouvrir les portes du paradis, le HCA a également connu son lot de tracas, avec deux mises en quarantaine et des situations délicates où l’équipe s’est retrouvée au bord du gouffre : « Nous avons toujours trouvé les moyens de nous tirer d’affaire, les différents changements et ajustements opérés pour s’extirper du guêpier ayant porté leurs fruits », confie-t-il. Vincent Léchenne rappelle que la logistique s’est également avérée complexe en raison de la construction de la nouvelle patinoire : « Je tiens ici à remercier Sylvie Betrand, responsable de la planification au Centre des Loisirs de Saignelégier qui s’est toujours démenée pour répondre favorablement à nos différentes requêtes, ce qui n’était pas une mince affaire. »  

La promotion du HCA en National League équivaut à un saut dans un autre monde, le budget du club passant de 3,5 à 7,1 millions. Certains secteurs devront être renforcés et d’autres verront le jour, notamment au niveau organisationnel et médical. Le club ajoulot va également se doter d’un entraîneur des gardiens. Pour l’heure, c’est l’engagement de Vladimir Hiadlovsky, l’entraîneur des gardiens de l’équipe de France, qui se dessine, les tractations étant en très bonne voie selon Vincent Léchenne. 

« Il s’agira d’être malin ! » 

Comme il n’y aura pas de relégué en National League ces deux prochaines saisons, les dirigeants et techniciens du HCA peuvent œuvrer dans la sérénité. « Nous veillerons tout particulièrement à donner plus de profondeur à notre contingent. Au niveau des joueurs étrangers, nous devons encore en recruter deux pour épauler Devos et Hazen. Notre choix se portera une nouvelle fois sur des Canadiens francophones. C’est non seulement important pour l’équipe, mais également pour les sponsors, les journalistes et les supporters. Nous avons toujours fait de bonnes expériences avec eux. Je pense notamment à Stéphane Roy et James Desmarais. » Malgré des moyens financiers qui ne rivalisent pas avec ses futurs adversaires, le HC Ajoie met tout en œuvre pour bâtir un groupe compétitif : « Je suis persuadé que l’équipe tiendra la route ! » s’exclame Vincent Léchenne. « Le mélange s’annonce très intéressant entre les routiniers et nos jeunes joueurs comme Steven Macquat ou Arnaud Schnegg, par exemple. En plus de la combativité, il s’agira également d’être malin pour compenser notre inexpérience », conclut le bras droit de Gary Sheehan qui, selon toute vraisemblance, poursuivra sa collaboration avec le HC Ajoie. Diable, on ne change pas un staff qui gagne… 

Olivier Odiet

 

Le car des joueurs escorté par erreur

Allô police… Avant de remporter la finale de la Coupe de Suisse face à Davos, un événement plutôt insolite s’est produit après le départ du car des joueurs de l’hôtel en direction de la patinoire : « La police nous a escortés en pensant qu’il s’agissait du car des supporters. L’itinéraire n’était pas du tout le même et nous avons perdu une dizaine de minutes dans l’aventure, le temps d’appeler la police pour expliquer la confusion. Le fin mot de l’histoire, c’est qu’en passant avec le car vers la patinoire, nous avons vu 4000 supporters ajoulots drapeaux au vent deux heures avant le coup d’envoi du match. Sans toutes ces péripéties, nous n’aurions pas bénéficié de cette source de motivation supplémentaire », explique l’ancien joueur du HC Moutier. Un clin d’œil du destin…  

Nouvelle patinoire : le couac. Tout semblait pourtant au point, mais il s’avère finalement que la nouvelle patinoire du HC Ajoie, la « Raiffeisen Arena », n’est pas aux normes de la National League. En effet, des sièges situés à l’arrière de la cage d’une tribune n’offrent pas la visibilité suffisante aux spectateurs pour voir si le puck a franchi la ligne. Et ce n’est pas tout. Une capacité de 5000 places est exigée dans la nouvelle catégorie de jeu du HCA. Or, la nouvelle patinoire n’en compte que 4800. Il s’agira donc d’ajouter de nouveaux gradins côté nord pour que la « Raiffeisen Arena » remplisse toutes les conditions requises. Ça commence bien.  

Un titre avec le grand SCB. Parmi les nombreux souvenirs magiques qui ont marqué la carrière de joueur de Vincent Léchenne, le titre de champion de Suisse obtenu en 1997 avec le CP Berne sur la glace de l’ancienne patinoire du Herti à Zoug occupe toujours une place privilégiée dans sa mémoire : « En pensant aux 8000 supporters qui attendaient l’équipe dans la patinoire de l’Allmend à Berne, j’en ai encore les frissons. » Berne disposait alors d’une équipe de rêve, avec Renato Tosio au but et le duo d’étrangers Orlando/Sirèn. Du solide. C’est le regretté Bryan Lefley qui occupait le poste d’entraîneur. On précisera encore que Vincent Léchenne a également fêté deux titres de champion de Suisse de LNB, en tant que joueur, avec La Chaux-de-Fonds et Bienne. « Vous savez, je n’étais pas prédestiné à vivre une carrière à ce niveau-là, mais j’y suis arrivé grâce à ma volonté. J’ai toujours cherché à m’améliorer. » La marque des grands champions…

(oo)  

Vincent Léchenne est persuadé que le HC Ajoie tiendra parfaitement la route en National League. (photo oo)